Archives mensuelles : avril 2009

Des inédits chez René Château Vidéo

René Château Vidéo ou La mémoire du cinéma français s’intéresse aussi au cinéma italien et commercialise parfois quelques films dont le spectateur ne soupçonnait même pas l’existence.

L’éditeur exhume en grande pompe son catalogue dans le plus strict appareil (dénué de toute remastérisation, de tout chapitrage, de tout bonus, seulement version française … bref c’est le néant total !) avant de perdre les droits de ses films. On se souvent encore, avec nostalgie, des maigres bonus accompagnant la sortie de ces premiers titres où l’on trouvait au dos de la jaquette la mention  » Film entièrement restauré et remastérisé  » qui s’est assez vite transformé en  » Image et son d’origine « . Néanmoins, un bon point est à apporter au crédit de René Château : c’est toujours un régal de découvrir et de collectionner ses jaquettes dessinées.

Bref, en feuilletant son catalogue, et en découvrant les différentes sorties annoncées sur son site (car René Château ne fait plus de publicité et n’envoie pas de service de presse aux professionnels du DVD), quelques titres ont attiré ma curiosité de cinéphile. Prix unique de 14,99 € …

Une prostituée au service du public et en règle avec la loi (1970) d’Italo Zingarelli. Avec Giovanna Ralli et Giancarlo Giannini. Le pitch : Banlieue de Rome, les rapports d’une putain énergique avec ses clients, la police et les voyous, sa mère et son avocat. Un homme veut l’épouser mais il s’agit d’un proxénète. Un drame à l’italienne …

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De quoi tu te mêles, Daniela ! (1961) de Max Pecas (eh oui !), le roi du nanar français dans les années 80. En vedette : Elke Sommer. Musique de Charles Aznavour. L’intrigue : à Rome, une jeune allemande qui veut devenir mannequin se retrouve mêlée à une guerre entre trafiquants et agents secrets. Une série B se déroulant dans le milieu de la Haute Couture avec le charme érotique d’Elke Sommer !

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Marco Polo (1961) de Piero Pierotti, assisté d’Hugo Fregonese (pour la version US). Avec Rory Calhoun et Yoko Tani. Musique d’Angelo Francesco Lavagnino et Les Baxter (pour la version US). Le scénario : Se rendant à Pékin, Marco Polo délivre une princesse asiatique des rebelles et fait connaissnace de leur chef. Question : quelle version est proposée ici ?

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La baby-sitter (1975) de René Clément à la filmographie décidément surprenante. Casting original : Maria Schneider, Sydne Rome, Vic Morrow, Robert Vaughn. Musique de Francis Lai. L’histoire : Rome 1975, une française devient baby-sitter mais se fait kidnapper avec l’enfant qu’elle gardait. Elle rencontre une italienne au chômage qui complote avec les ravisseurs. Un suspense angoissant paraît-il !

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Interlude Across 110th street

Across 110th street est une chanson de Bobby Womack, composée pour le polar éponyme de 1972, réalisé par Barry Shear et réunissant Anthony Quinn, Yaphet Kotto, Anthony Franciosa et Antonio Fargas. Ce titre est largement plus connu pour avoir été utilisé en 1997 par Quentin Tarantino pour le superbe générique de Jackie Brown (assurément son meilleur film !). A cette occasion, Bobby Womack a réorchestré sa chanson originale pour lui donner un tempo plus rapide dans le but sûrement de la moderniser.

Petit comparatif en images et en musique des 2 versions afin de mesurer les variations de style. La 1ère vidéo présente la version remixée, plus dynamique, ligne de basse plus présente et voix plus en avant, qui accompagne Pam Grier dans Jackie Brown et la 2nde propose la chanson originale, plus jazzy, utilisant plus de cuivres et bénéficiant de choeurs, dans Meurtres sur la 110ème rue.

Là où il est aujourd’hui permis de s’étonner, c’est qu’il semble bien que le soundtrack du film de Barry Shear dans ses différentes éditions ne contienne que la version remixée en lieu et place de la chanson originelle.

CD commercialisé par Rykodisc (DeLuxe edition) en 1997. 18 titres au total dont 7 extraits dialogués

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CD / LP édité cette fois-ci par le label italien Dagored en 2001. Juste 11 titres au compteur mais pochette plus colorée et titre italien.

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Enfin, réédition à l’identique du LP d’origine mais sans la version originale de la chanson de Bobby Womack se trouvant dans le film. De nouveau 11 titres au total. A noter une édition CD parue chez Charly. Visuel identique.

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3 westerns italiens chez Suevia Films

Une nouvelle collection consacrée au western  européen, tout simplement baptisée Spaghetti Western Collection, a vu le jour de l’autre côté des Pyrénées (en Espagne) le 25 mars 2009 chez Suevia Films. Le prix de vente conseillé est de 12 € pièce. Pour l’instant, seuls 3 westerns sont disponibles et ceux-ci ne figurent pas parmi les plus connus et reconnus du genre en dépit de la présence au générique de quelques noms réputés.

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El sabor de la venganza / Les 3 implacables (1963) de Joaquin Rafael Marquent. Avec Richard Harrison, Robert Hundar, Fernando Sancho. Musique de Ritz Ortolani.  Le film est proposé en 2.35 anamorphique, compatible 16/9, avec fiches techniques, fiches artistiques et galerie de photos.  Piste audio espagnole en DD 2.0 uniquement.

Cazador de recompensas / Per il gusto di uccidere / Lanky, l’homme à la carabine (1966) de Tonino Valerii. 1er western de ce cinéaste reconnu, ancien assistant de Sergio Leone. Avec Craig Hill, George Martin, Piero Lulli, Fernando Sancho, Franco Ressel. Musique de Nino Fidenco. Photographies de Stelvio Massi. Le film est proposé en 2.35, compatible 16/9, avec les mêmes bonus que le précédent. L’éditeur annonce seulement une piste audio espagnole en DD 2.0 mais d’autres sources mentionnent la présence d’une piste française. Qui croire au final même si la piste française semble bien illusoire ?

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El vengador del sur / I vigliacchi non pregano / Django ne prie pas (1969) de Mario Siciliano.  Avec Gianni Garko, Ivan Rassimov,  Elisa Montes. Musique de Gianni Marchetti. Le film est proposé au format 1.85 uniquement en 4/3, avec toujours les mêmes bonus que les 2 autres. Et là, petite originalité, l’éditeur annonce une piste française en DD 2.0 avec sous-titres espagnols en piste de la traditionnelle piste espagnole. Sachant que ce petit western est déjà sorti dans notre pays chez Evidis, on peut émettre des doutes quant à  la qualité de la copie présentée …

Pour le 29 avril, Suevia Films annonce encore une autre collection, consacrée cette fois-ci aux films de guerre, appelée Coleccion Cine bélico, avec pas mal de films d’Antonio Margheriti comme Nom de code : oies sauvages (1984), Commando Léopard (1985) et Le triangle de la peur (1988), plus quelques films américains des années 40 & 50. Et, léger cocorico, à la même date, l’éditeur propose aussi 2 classiques du film de cape et d’épée de notre patrimoine : Cadet Rousselle (1954) d’André Hunebelle et Le capitaine Fracasse (1961) de Pierre Gaspard-Huit.

The making of Shaft (l’original !)

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C’est un peu le mystère des éditions DVD. Les films sortent sans bonus, excepté une bande annonce. Et plus tard, sur des sites comme Youtube (par exemple), on découvre des making-of d’époque. Les moeurs ont changé. Aujourd’hui, les DVD sont gavés de bonus dans tous les sens et souvent les making-of proposés sont plus longs que les films en eux-même. Mais bref, revenons à nos moutons, soit à Shaft en l’occurence (et là, petit rectificatif : le documentaire se trouve bel et bien sur le DVD Warner donc j’ai affreusement menti, soit par ignorance, soit à l’insu de mon plein gré)  …

Sorti par Warner au début de l’apparition du DVD. Film emblématique de la Blaxploitation, qui sauva dit-on MGM de la faillite. Gordon Parks à la mise en scène. Richard Roundtree en action. Isaac Hayes à la musique (qui gagna un Oscar). Tout était réuni pour faire de ce petit polar daté de 1971, une oeuvre incontournable et mondialement connue. Donc, c’est avec un plaisir non dissimulé que l’on retrouve ces protagonistes en plein action / discussion sur le tournage

Cocktail (au Martini) chez Martini Movies

Dans la même collection Martini Movies, éditée par Columbia, je voudrais un autre film de casse, après le rafraichissant Dollar$ (déjà traité), mais de nouveau un film daté de 1971, avec aussi une musique de Quincy Jones. Je parle donc de The Anderson tapes, oeuvre mineure de Sidney Lumet, disponible en zone 2 chez MGM sous le titre Le gang Anderson.

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Le film de casse est souvent un genre sympathique, à défaut d’être inoubliable. The Anderson tapes en est un bel exemple. Mise en scène soignée de Sidney Lumet. Joli casting réunissant Sean Connery (maintenant échappé de 007), Dyan Cannon, Martin Balsam et le jeune Christopher Walken. Musique discrète et expérimentale de Quincy Jones. Scénario et montage plutôt intéressants. Le DVD a été remastérisé en haute définition ce qui donne tout son éclat au film. Présence de langues et sous-titres anglais / français. Et encore les fameuses featurettes How to play the leading man et How to hold your liquor qui ne sont en définitive que des bonus très courts (1 mn 30) avec des extraits des films de cette collection servant uniquement à présenter en voix off les recettes de cocktail inhérents à chaque film et à base de … Martini.

Ici, il s’agit du Shaken Martini composé de 6 traits de gin, 2 traits de vodka, 1 trait de Lillet blanc et un zeste de citron, le tout à secouer ! Pour rappel, celui de Dollar$ était le Green Martini composé lui de 6 traits de gin, 1 trait de Chartreuse et une olive. Les recettes sont sérigraphiées sur chaque DVD. Soit le cocktail idéal pour accompagner la vision de ces films. En effet, boire ou voir, on peut effectivement choisir les 2 sans problème …

Pour finir, une affiche originale bien plus séduisante que les visuels photoshopés des jaquettes respectives

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L’ultimo treno della notte chez Cinevox

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas posté ici car je suis sur la rédaction d’un nouveau numéro pour une parution vraisemblable mi-été. Ceci explique cela ou inversement (au choix) ! Si bien que je suis légèrement déconnecté des prochaines sorties ciné / DVD. En revanche, je suis un peu plus l’actualité musicale  surtout celle des soundtracks qui ornent les bacs des disquaires à vitesse grand V. Et, surprise du jour, je n’étais pas même pas au courant de la sortie de cette BO d’Ennio Morricone : L’ultimo treno della notte éditée par le fameux label Cinevox.

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Les titres de ce film choc signé Aldo Lado sont nombreux et variés : Le dernier train de la nuit (titre DVD) / Le train de l’enfer (titre VHS) / La bête tue de sang-froid (titre ciné). Les heureux spectateurs ayant découverts cette oeuvre malsaine doivent s’en rappeler encore aujourd’hui. L’action se passe le soir de Noël. Il est question de 2 voyous désoeuvrés qui sautent dans un train en partance pour Vérone afin d’échapper à la police. Et là, ils vont faire subir les pires outrances à 2 jeunes étudiantes sans défense sous l’oeil complice et provocant de Macha Méril en bourgeoise BCBG dévergondée. Mais la morale est saine et sauve. Ils seront sévèrement et sauvagement châtiés par Enrico Maria Salerno, le père d’une des 2 victimes. Ce qui intéresse Aldo Lado dans ce film à ne pas regarder en famille (après un double épisode des Simpsons), c’est de placer le spectateur dans la position du voyeur et il y réussit magistralement avec, en prime, un fabuleux générique qui donne paradoxalement le ton de ce qui va suivre …

Ce qui est magique ici, c’est le merveilleux générique du début avec une chanson de … Demis Roussos, sur une musique de Morricone. Un morceau d’anthologie que j’ai recherché pendant des années. En vain ! Rien dans la riche discographie du maestro, à part une variation du thème principal dans une compilation Love theme. Rien non plus dans la vaste discographie de Demis Roussos. Pourtant, j’en ai écumé des bourses aux disques de France et de Navarre. J’en ai épluché des sites de VPC spécialisé. Il n’existait qu’un 45 tours d’époque devenu pièce rare et de collection. Et aujourd’hui, voilà Cinevox qui ressort la musique du film avec cette chanson féérique de 5 mn 13, une pure merveille à essence nostalgique : A flower is all you need .

Démonstration en images …

Pour ceux et celles qui veulent se faire quelques frayeurs et être mal à l’aise devant quelques séquences un peu trash, je leur conseille de jeter un oeil sur l’excellent DVD édité par NeoPublishing, interdit aux moins de 16 ans,  avec un film en copie intégrale restaurée, un commentaire audio et une interview d’Aldo Lado (pour prolonger le plaisir …) et une autre interview de Macha Méril la diablesse ou la perverse (le cas présent).

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