Archives mensuelles : juin 2009

Le bon, la brute, le cinglé chez TF1

Sorti au cinéma au mois de décembre 2008, Le bon, la brute, le cinglé, western cartoonesque de Kim Jee-Woon, s’apprête à envahir les bacs DVD le 16 juillet sous la bannière de TF1 Vidéo. L’action se déroule en Mandchourie dans les années 30. Le cinglé (Song Kang-Ho) vole une carte aux trésors à un dignitaire japonais lors de l’attaque d’un train. La brute (Lee Byung-Hun) est payé pour récupérer la dite carte. Le bon (Jong Woo-Sung) cherche lui à retrouver le cinglé pour empocher la prime offerte. Comme si cela ne suffisait pas, l’armée japonaise, des bandits chinois, des gangsters coréens se lancent aussi à la chase aux trésors et le spectateur assiste à un feu d’artifice constant.

Malgré une virtuosité technique et un hommage déguisé aux westerns stylisés de Sergio Leone, Kim Jee-Woon ne tient pas toutes les promesses de cette bande annonce explosive et livre un film certes spectaculaire, parfois brouillon dans sa forme et surtout un peu tantinet longuet. Le DVD concocté par TF1 sera l’occasion de se faire de nouveau une opinion sur ce western coréen qui mélange sans cesse les genres : action, aventure, guerre, drame et comédie pour un spectacle foisonnant très voire trop riche au final. Le film sera proposé dans son format d’origine, 2.35, 16/9 compatible 4/3 avec des pistes audio française et coréenne en DD 5.1 et sous-titres français de rigueur. Question bonus, il est annoncé un making of et des interviews (sans plus de précisions). Et ensuite, les informations fournies sont contradictoires. En effet, aurons-nous affaire à une édition simple ou un édition double ? Présence d’une piste DTS ou non ? Les visuels entretiennent le doute …

Bon brute cinglé

On peut toutefois pester contre les pratiques de la FNAC qui n’agitent plus grand-chose et qui annoncent ici l’ajout d’un livret de 20 pages, astuce commercial dont elle se fait une spécialité depuis quelques temps. Au niveau des prix, celui-ci varie entre 17,99 € (sur des sites de VPC comme Amazon) et 19,99 € (pour la FNAC justement). Dans 2 semaines, le mystère sera éclairci …

Après vérification en magasin, L’édition commercialisée par TF1 Video est bien une édition double avec un copieux making of de 1h30 sur la 2nde galette.

Du Mario Bava chez Carlotta

C’est aujourd’hui que sont sortis dans les bacs 2 1/2 films de Mario Bava édités par la prestigieuse boîte d’édition : Carlotta, spécialisé dans les films noirs américains, les classiques hollywoodiens des années 50/60 et les films d’auteur. Je parle de 2 1/2 films (soit 3 DVD) car nous avons bien affaire à 2 authentiques films signés Mario Bava (Duel au couteau et La baie sanglante) et 1/2 film car il s’agit d’une oeuvre commencée par Ricardo Freda et achevée par Mario Bava (Les vampires). Sylvain d’1Kult en a abondemment parlé sur son blog : ici et mais quand on s’appelle Diabolik…Zine, on ne peut passer à côté de cette excellente nouvelle pour les amoureux du cinéma italien de genre.

Les vampires

Duel au couteau

Baie sanglante

Après les avoir vus en magasin, les avoir touchés de près, je ne peux m’empêcher d’éprouver une légère déception quant au produit fini. Les 3 DVD commercialisés sont disponibles en format slim (simple boîtier noir amaray) muni cependant d’un fourreau. Bonne nouvelle : les films proposent des nouveaux masters restaurés, au format respecté (ce qui va changer des vidéos recadrées) 16/9 compatible 4/3, avec VF et VOST ( ce qui est un bel atout pour un titre comme La baie sanglante), et quelques bonus pas inintéressants (présentation des films par Jean-Pierre Dionnet himself).

La baie sanglante était déjà sorti chez TF1 il y a fort lontemps (dans une copie moyenne avec seule une VF disponible) puis chez Mad Movies (avec ce qu’il reste de leur magazine). Carlotta est donc le 1er éditeur à proposer un DVD digne de ce nom avec, outre la présentation de Jean-Pierre Dionnet, une analyse du film par Hélène Thoron et surtout un documentaire de la Rai daté de 1975 sur la carrière de Mario Bava.

Sachez aussi que Duel au couteau et La baie sanglante ressortent en copies neuves au cinéma ce mois-ci (enfin sur 1 copie seulement …). Petites bandes-annonces juste pour le plaisir des yeux et des oreilles !

5 westerns spaghetti chez M6

M6, le petit éditeur DVD qui monte, qui monte … En effet, M6 se lance à son tour dans l’édition de westerns italiens en créant une collection bizarrement appelé  » Collection Fluide Glacial SNC – Italian Flavour  » et annonce la commercialisation de 5 titres (parmi les moins connus) pour le 23 septembre avec des visuels pour le moins … surprenants !

Trinita

La colline des bottes (titre cinéma) / Trinita va tout casser (titre vidéo) / La colline degli stivali (1969) est la 3ème et dernière aventure de  Cat Stevens (Terence Hill) & Hutch Bessy (Bud Spencer), toujours réalisée par Giuseppe Collizi. A leurs côtés, on retrouve un joli casting : Woody Strode, Luigi Montefiori (plus connu sous le pseudo de Georges Eastman), Lionel Standler, Romano Puppo. Musique de Carlo Rustichelli. L’éditeur nous propose un master haute définition, au format 2.35, 16/9 compatible 4/3. Langues française et italienne en DD 2.0 mono, sous-titres français. Et rien d’autre annoncé au rayon bonus.

Tueur

Un tueur nommé Luke / La notte dei serpenti (1969) est un western de Giulio Petroni avec Luke Askew, Luigi Pistilli, Chelo Alonso. Musique de Ritz Ortolani. Mêmes caractéristiques techniques que le précédent !

django

Django arrive, préparez vos cercueils / C’e Sartana … vendi la pistola e comprati la bara ! (1970) est signé par Anthony Ascott (pseudonyme de Giuliano Carmineo) et regroupe un fidèle du cinéaste, George Hilton, dans le rôle de Django (en VF) et Sartana (en VO) qui croise dans cette aventure dans laquelle il doit convoyer un précieux métal Charles Southwood, Erika Blanc, Piero Lulli, Nello Pazzafini. Musique de Francesco de Masi. Mêmes caractéristiques annoncées.

king

On m’appelle King / La chiamavano King (1971) est un petit western de série B, mis en scène par Don Reynolds (aka Giancarlo Romitelli), avec Richard Harrison et Klaus Kinski, qui narre une histoire classique de vengeance sur fond de trafic d’armes, agrémentée cependant d’une superbe musique de Luis Bacalov. Mêmes caractéristiques techniques que les autres. Le film est déjà sorti chez Evidis (en France) et chez Suevia Films (en Espagne)

Durango

Durango encaisse ou tue / Arriva Durango : paga o muori (1972) est réalisé par Roberto Bianchi Montero et rassemble Brad Harris, José Torres, Gisela Hahn pour une traditionnelle histoire de chasseur de primes confrontée à une poignée de capitalistes crapuleux. Mudique de Lallo Gori. Mêmes caractéristiques techniques que précédemment.

Avec ces 5 nouveaux westerns italiens, notre pays est en train de devenir un pays de référence dans le domaine du western européen. M6 rejoint d’autres éditeurs (StudioCanal, Seven7, WildSide, NeoPublishing, Evidis … ) qui ont vite compris que les westerns spaghettis des années 60 & 70 avaient encore un bel avenir (cinématographiquement et commercialement parlant !). Prix conseillé de 12,99 €

Sans oublier un grand merci à Jérôme Wybon

Interlude Wizzz ! Psychorama français 66-71

L’été arrive, le soleil revient. Il est temps de se replonger dans les compilations de titres rares qui fleurent bon l’amour libre et les paradis artificiels …

Wizzz

Place au duo Richard de Bordeaux & Daniel Beretta avec un titre de 1968, rapidement interdit sur les ondes ! Par ailleurs, Daniel Beretta a aussi fait l’acteur dans La poursuite implacable / Revolver (1973) de Sergio Sollima dans lequel il jouait le rôle de Al Nico, chanteur pop drogué et dépressif qui tombe les midinettes. Ce rôle (de composition) lui permet  surtout de donner de la voix et des cheveux longs avec   » Un amico  » sur une musique du grand Ennio Morricone. Mais revenons plutôt à ce titre polémique …

Et, en cadeau, une chanson amusante datée de 1967 performée par Charlotte Leslie, également présente sur cette compilation … diabolique !!!

A écouter avec modération 😉

3 polars chez EyeCatcher

Petit éditeur allemand spécialisé dans le cinéma bis, EyeCatcher annonce pour le 26 juin la sortie en DVD de 3 films policiers, 2 issus du cinéma italien et 1 de la Blaxploitation.

Die klette

Exécutions / Un detective / Die Klette (1969) est un polar réalisé par Romolo Guerrieri (le frère de Marino Girolami et l’oncle d’Enzo G.Castellari et d’Ennio Girolami pour l’anecdote familiale) avec les présences de Franco Nero, Florinda Bolkan, Adolfo Celi et Delia Boccardo. Musique de Fred Bongusto. L’intrigue se déroule à Londres et suit l’inspecteur Belli enquêtant sur la mort d’un disquaire qui faisait chanter des jolies beautés. Le DVD est annoncé uncut au format anamorphique 1.85, 16/9 compatible 4/3, pour. une durée de 97 mn. Les langues proposées sont l’italien et l’allemand en Dolby Digital 2.0. Pas de sous-titres. Comme bonus, nous aurons droit à des génériques alternatifs de début et de fin.

Blutiger schweiss

La violence appelle la violence (MKS … 118) /) Poliziotti violenti / Blutiger Schweiss (1976) se présente comme un polar traditionnel à l’italienne signé Michele Massimo Tarantini qui rassemble des habitués du genre : Antonio Sabato, Ettore Manni, Henry Silva et Silvia Dionisio. Musique de Guido & Maurizio de Angelis. L’histoire se concentre sur le major Altieri, homme d ‘action muté dans un bureau pour se tenir tranquille, qui se lie d’amitié avec le commissaire Tosi et qui vont ensembles découvrir un repaire d’armes pour des terroristes. Le DVD sera au format anamorphique 1.78, 16/9 compatible 4/3, dans une version uncut de 90 mn. Langues italienne, allemande, anglaise proposées en Dolby Digital 1.0 mono. Bande annonce en bonus.

Detroit 9000 B

S.O.S. Black guns / Detroit 9000 (1973) est un polar issu de la Blaxploitation, mis en scène par l’excellent Arthur Marks avec Hari Rhodes, Alex Rocco, Sally Baker, Rudy Challenger et Scatman Crothers. Un mot sur l’intrigue : une bande de malfrats dépouillent les invités d’une réception afro-américaine organisée en l’honneur d’un sénateur noir. L’affaire fait grand bruit et l’enquête est confiée à 2 policiers, l’un noir, l’autre blanc. Le DVD est porposé au format anamorphique 1.78, 16/9 compatible 4/3, pour une durée de 104 mn. Langues en DD 2.0 et sous-titres allemands uniquement. Bande Annonce comme bonus. Pour info, le film était déjà disponible en zone 1 chez Miramax dans la collection  » présenté par Quentin Tarantino  » en anglais mono avec sous-titres anglais

Interview rare de José Giovanni

Suite aux sorties récentes chez TF1 de Ho ! (1968) de Robert Enrico et Les égouts du paradis (1979) de José Giovanni, il est temps de faire un point sur l’oeuvre de José Giovanni en DVD et profitons aussi de cette news pour retrouver le cinéaste dans une interview (absente des bonus DVD semble t-il) à l’occasion de la sortie en salles de son dernier film Mon père en 2002 avant sa disparition en 2003.

Commençons par Giovanni scénariste. Sont déjà disponibles Le trou (1960) de Jacques Becker et Un nommé la Rocca (1961) de Jean Becker (Studio Canal collection série Noire), Classe tous risques (1960) de Claude Sautet et Le deuxième souffle (1966) de Jean-Pierre Melville (René Chateau collection Années 50), Avec la peau des autres (1966) de Jacques Deray dans une édition belge, la trilogie Robert Enrico avec Les grandes gueules (1965) chez Opening, Les aventuriers (1967) chez M6 / SNC et donc Ho ! (1968) chez TF1.

Continuons par Giovanni réalisateur. Sont également disponibles Le rapace (1968) dans le coffret Lino Ventura paru chez Studio Canal, Dernier domicile connu (1970) et Le ruffian (1983) chez Studio Canal collection Série Noire, La scoumoune (1972) toujours édité par Studio Canal mais uniquement dans la collection Belmondo en kiosques, Deux hommes dans la ville (1973) chez Pathé dans la collection Alain Delon, Le gitan (1975) et Comme un boomerang (1976) encore chez Studio Canal dans la collection Alain Delon, Les égouts du paradis (1979) édité par TF1 et pour terminer Mon père, il m’a sauvé la vie (2002) chez Studio Canal toujours !

Manque à l’appel en DVD : son premier film La loi du survivant (1967), un film resté inconnu Où est passé Tom ? (1971), un polar qu’il juge raté Un aller simple (1971), un drame policier Une robe noire pour un tueur (1981), un film de mercenaires Les loups entre eux (1985) et un film sur les résistants Mon ami le traître (1988).

Au rayon des bonus dans lesquels intervient le cinéaste, jamais avare en paroles et en révélations,  l’amoureux du cinéma de José Giovanni jettera son dévolu sur Le trou (basé sur sa propre histoire, enfin sa propre évasion de la prison de la Santé), Le cercle rouge (pour comprendre son inamitié vis-à-vis de Jean-Pierre Melville), Le gitan et Comme un boomerang (pour sa fructueuse collaboration avec Alain Delon), Dernier domicile connu et Le ruffian (pour son amitié profonde avec Lino Ventura) et enfin Mon père (pour son hommage à son père qui lui a sauvé la vie !)

2 nouveaux westerns chez SGGC

Après la trilogie Sabata (Ehi amigo c’e Sabata hai chiuso ! ding ding diding ding ding diding …), l’éditeur SGGC continue son exploration du western italien et annonce 2 nouveaux titres pour le 19 août au prix toujours conseillé de 19,99 €.

Mort

D’abord, La mort était au rendez-vous / Da uomo a uomo / Death rides a horse (1967), réalisé par Giulio Petroni, est un fleuron du genre. Lee Van Cleef est contraint de faire équipe avec John Phillip Law pour une traditionnelle mais superbe histoire de vendetta. Le 1er cherche à punir ses anciens complices qui l’ont salement trahi, le 2nd veut retrouver les assassins de sa famille. Présence au casting des excellents Mario Brega, Luigi Pistilli, Bruno Corazzari et Romano Puppo. Magnifique musique d’Ennio Morricone (dont l’un des thèmes a été repris dans un certain Kill Bill … ce qui me fait observer une pensée en la mémoire de David Carradine). Le film est proposé en 2.35, 16/9 compatible 4/3. Langues française et anglaise en DD 2.0, sous-titres français. Comme bonus, le westernophile se contentera d’une présentation de Jean-François Giré.

El Magnifico

Ensuite, Et maintenant on l’appelle El Magnifico / … E poi to chiamarono il Magnifico / A man from the east (1972), réalisé par Enzo Barboni, est un western parodique vu il y a for longtemps dont je n’ai plus aucun souvenir qui surfe sur la mode des Trinita. Et là je repense illico presto à cette amusante déclaration de Patrick brion sur DVDclassik :  » Après, si les gens veulent voir un Trinita de quatrième catégorie, pourquoi pas. Ils en ont le droit. Et d’ailleurs, s’ils sont intelligents, ils verront bien que La Prisonnière du désert est un meilleur film. Cela devrait être évident, mais en même temps soyons justes, ça n’a pas été évident à l’époque. On considérait que c’était du tout venant. « .  Sinon, présence de Terence Hill qui joue un jeune homme débarqué du Royaume-Uni dans l’Ouest sauvage. Musique de Guido & Maurizio de Angelis. Le film sera présenté en 2.35 (ce qui va changer de la vieille VHS éditée par Warner et recadrée en pan & scan), 16/9 compatible 4/3. Langues française et anglaise en DD 2.0, sous-titres français. Sans oublier une présentation de Jean-François Giré.

On peur se réjouir de la sortie d’El Magnifico chez nous car le DVD était pour l’instant disponible chez les allemands de KochMedia mais sans VF, ni STF. Par contre, La mort était au rendez-vous est facilement trouvable dans les pays frontaliers pour une poignée d’euros avec VF et STF.

Interlude Superfly T.N.T.

Rareté ne rime pas forcément avec qualité. En effet, dans la série des suites improbables, restées confidentielles, Superfly T.N.T. se trouve en bonne position. Produit de nouveau par Sig Shore, co-écrit et réalisé par Ron O’Neal en personne, cette suite de 1973 brille bizarrement par sa rareté absolue. De par le monde, il n’existe qu’une vidéo américaine NTSC qui ait eu l’audace de sortir ce nouvel opus des aventures de Priest. Pour les autres, c’est le néant total !

super_fly_tnt

Après avoir eu l’opportunité de le découvrir, Superfly T.N.T. reste au final une bien mauvaise suite, peu intéressante. Pourtant, le film regorgeait de séduisantes qualités. Une affiche magnifique (mais trompeuse). Le retour du couple Ron O’Neal / Sheila Frazier (du précédent opus). Les présences de William Berger, Jacques Sernas, Rick Boyd et Dominic Barto (du cinéma bis). Une délocalisation de l’action à Rome (ville charmante par excellence !). Une intrigue basée sur la prise de conscience de l’ancien dealer et sur le trafic d’armes en Afrique. Un générique laissant espérer le meilleur avec le thème endiablé du groupe africain Osibisa.

Mais le film souffre de multiples défauts et se révèle un cousin à peine éloigné de S.A.S. à San Salvador (1983) de Raoul Coutard (que j’aime bien). Il ne se passe strictement rien pendant plus d’une heure. Cela change avec l’arrivée de Priest sur le sol africain qui doit livrer des armes à un gouvernement local et qui termine tabassé et torturé dans une cellule cradingue. On retiendra plusieurs éléments à charge contre un enthousiasme débordant : musique plutôt anecdotique, rythme peu soutenu et languissant, manque flagrant de luminosité, cadrages trop télévisuels, peu d’action et surtout filmée très mollement. Pas grand-chose à sauver ! Ceci explique que sa diffusion soit restée confidentielle et ait scellée partiellement la carrière naissante de Ron O’Neal. Restons cependant sur une bonne impression avec le générique …